Vous essayez de tout prévoir, tout organiser, tout régler avant même que les problèmes ne se présentent ? Dans cet épisode, je vous propose de faire la différence entre l’anticipation et la sur-anticipation, deux extrémités d’un même axe. Car anticiper n’est ni bien ni mal en soi : c’est même nécessaire pour gérer une vie bien remplie et pleine de responsabilités. Le problème commence quand cette anticipation devient excessive, et qu’elle vous coûte une énergie physique et émotionnelle considérable, en particulier dans les périodes déjà chargées comme la rentrée.
Anticipation ou sur-anticipation : où se situe la limite ?
L’anticipation se place sur un axe. À une extrémité, l’absence totale d’anticipation : vivre au jour le jour sans jamais penser à demain. À l’autre extrémité, la sur-anticipation : essayer de régler aujourd’hui tous les problèmes de demain, de la semaine prochaine, voire de dans dix ans.
La plupart des personnes qui écoutent Change ma vie se situent plutôt du côté de la sur-anticipation. Si c’est votre cas, vous connaissez sans doute cette sensation de vouloir tout tenir dans votre tête à la fois, de vous éparpiller, et de ne jamais vraiment vous sentir tranquille.
D’où vient la sur-anticipation ?
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la sur-anticipation n’est pas un choix ni une habitude qu’on affectionne. Elle vient d’une émotion précise : la peur d’un danger futur ou, plus simplement, d’un inconfort futur. Notre cerveau perçoit l’inconfort à venir comme une forme de danger, sans grand sens de la proportion, et nous alerte en permanence sur ce qui pourrait mal tourner.
C’est pour cela que le conseil « lâchez prise », bien qu’il parte d’une bonne intention, tombe souvent à plat : tant que la peur qui alimente la sur-anticipation n’est pas traitée, il est impossible de lâcher quoi que ce soit.
Cette dynamique se traduit notamment par une tendance à partir en spirale sur des scénarios hypothétiques, alors même que les informations nécessaires ne sont pas encore disponibles. Le résultat : de la rumination, de l’anxiété, et parfois du temps et de l’énergie dépensés pour des événements qui, finalement, ne se produiront jamais.
Comment poser le bon curseur
La différence entre une anticipation juste et une sur-anticipation épuisante ne se joue pas tant dans le contenu de nos pensées que dans le carburant émotionnel qui les alimente. Une anticipation saine s’accompagne de calme, de clarté et de détermination. La sur-anticipation, elle, est nourrie par la peur, l’urgence et le stress.
Pour retrouver ce juste équilibre, deux leviers sont particulièrement utiles :
- Apprendre à trouver du plaisir, du calme et du repos dans votre quotidien, même quand certaines choses restent incertaines ou non résolues
- Nourrir la confiance en votre capacité à gérer les événements futurs au moment où ils se présentent, à réguler les émotions qu’ils feront naître, et à rester bienveillant·e envers vous-même si les choses tournent mal
- Vous poser régulièrement la question : « Qu’est-ce qui est juste et sage d’anticiper aujourd’hui, et qu’est-ce que je peux, en confiance, laisser pour demain ? »
Si cette question de l’épuisement vous parle particulièrement en ce moment, sachez que la sur-anticipation en est souvent l’un des moteurs cachés : la charge mentale qu’elle génère ne laisse jamais vraiment de place au repos.
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